Depuis le 1er janvier 2026, le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), plus connu sous son acronyme anglais CBAM, est entré dans sa phase définitive. Ce dispositif européen change la donne pour de nombreux exportateurs marocains — y compris, potentiellement, pour les filières qui exportent des métaux recyclés vers l'Union européenne.
Qu'est-ce que le MACF, en bref
Institué par le règlement (UE) 2023/956 du 10 mai 2023, le MACF applique aux produits importés dans l'Union européenne une tarification carbone équivalente à celle que paient déjà les industriels européens fabriquant ces mêmes produits. L'objectif affiché : éviter les "fuites de carbone", c'est-à-dire empêcher que la production polluante se déplace simplement hors d'Europe pour contourner les contraintes climatiques du marché européen.
Comment ça fonctionne concrètement
Les entreprises important des marchandises couvertes doivent obtenir le statut de "déclarant MACF autorisé", déclarer chaque année les émissions de CO2 associées à leurs envois, faire vérifier ces émissions par un organisme accrédité indépendant, puis acheter et restituer des certificats MACF correspondants — indexés sur le prix hebdomadaire moyen des quotas carbone du marché européen (l'ETS). À titre d'indication, ce prix atteignait environ 87,50 euros la tonne de CO2 fin décembre 2025, en hausse de plus de 25 % sur un an.
Un calendrier déjà bien engagé
La phase transitoire, purement déclarative, a couru du 1er octobre 2023 au 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, la phase définitive impose le statut de déclarant autorisé, et depuis le 1er avril 2026, les marchandises couvertes sans autorisation sont bloquées en douane. Les premières échéances financières concrètes arrivent en 2027 : les certificats correspondant aux importations de 2026 devront être achetés progressivement au cours de l'année, puis restitués au plus tard le 30 septembre 2027.
Les secteurs couverts aujourd'hui
Le MACF concerne actuellement six secteurs : l'acier, l'aluminium, le ciment, les engrais azotés, l'hydrogène et l'électricité — ainsi que certains produits semi-finis ou transformés contenant ces matériaux (fûts, réservoirs en acier ou en aluminium, par exemple), selon leur classement douanier. La Commission européenne étudie déjà une extension à des produits plus en aval intégrant l'aluminium ou l'acier comme composant fonctionnel essentiel, ainsi qu'à d'autres secteurs (textile, agro-industrie) d'ici 2027-2028. Un seuil d'exemption existe pour les petits volumes : en dessous de 50 tonnes cumulées par an, une entreprise n'est pas soumise aux obligations du MACF — sauf pour l'électricité et l'hydrogène, non exemptés.
Pourquoi le Maroc est particulièrement concerné
Le Maroc dirige environ 60 à 65 % de ses exportations vers l'Union européenne, ce qui en fait l'un des pays les plus exposés à ce nouveau mécanisme. Les phosphates marocains sont déjà couverts par le MACF, mais leur empreinte carbone relativement faible leur permet pour l'instant de rester compétitifs sur le marché européen.
Le lien avec le recyclage de métaux
L'acier et l'aluminium figurant parmi les secteurs couverts, toute filière marocaine qui exporte ces métaux vers l'Union européenne doit désormais composer avec cette nouvelle donne carbone — y compris lorsque ces métaux proviennent de filières de recyclage plutôt que de production primaire. Les matières premières recyclées affichent généralement une empreinte carbone nettement inférieure à celle des métaux issus d'une production primaire (extraction et fonte de minerai), ce qui pourrait représenter un avantage comparatif dans ce nouveau contexte de tarification carbone, à mesure que la traçabilité des émissions devient un critère de compétitivité à l'export.
Ce que le Maroc met en place pour anticiper
Face à cette évolution, le Maroc prévoit l'introduction d'une taxe carbone nationale, envisagée dans le cadre de la loi de finances 2025, avec pour objectif d'encourager la transition industrielle vers des pratiques plus durables et d'aligner les normes nationales sur les exigences européennes.
Ce que cela signifie pour les entreprises marocaines exportatrices
Au-delà des secteurs directement couverts aujourd'hui, la tendance de fond est claire : la capacité à mesurer et documenter précisément l'empreinte carbone de ses produits et de sa chaîne d'approvisionnement devient un enjeu de compétitivité à l'export vers l'Europe, appelé à s'élargir dans les années à venir.
Comment DXS s'inscrit dans cette dynamique
Sans être elle-même directement soumise au MACF, DXS accompagne les entreprises marocaines dans une logique proche de cet enjeu : en priorisant le réemploi du matériel informatique plutôt que son remplacement systématique, et en mettant à disposition un calculateur de CO2 évité ainsi qu'un rapport de décarbonation détaillé pour les entreprises qui ont besoin de documenter précisément leur empreinte environnementale, dans un contexte où cette capacité de mesure devient un enjeu de compétitivité à part entière.
En résumé
Le MACF (CBAM), institué par le règlement (UE) 2023/956, est entré dans sa phase définitive le 1er janvier 2026.
Il applique aux produits importés dans l'UE une tarification carbone équivalente à celle payée par les industriels européens.
Il couvre aujourd'hui l'acier, l'aluminium, le ciment, les engrais azotés, l'hydrogène et l'électricité, avec une extension déjà à l'étude.
Le Maroc, qui dirige 60 à 65 % de ses exportations vers l'UE, est particulièrement exposé à ce mécanisme.
Les filières marocaines exportant des métaux recyclés (acier, aluminium) vers l'UE sont concernées au même titre que la production primaire — avec un potentiel avantage carbone à documenter.
DXS aide les entreprises marocaines à documenter leur propre empreinte environnementale via un calculateur de CO2 évité et un rapport de décarbonation.
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